mardi 7 février 2012

The Awesomest Song Of The Week ( XIII) : Oho : Free to flee




Oho ? Kesako ??? Derrière cette appellation qui a clairement un petit quelque chose d’H2O se cache une petite goutte de mystérieux nectar bien fragile mais bourré de talent et de sensibilité.   C’est encore imperceptible, embryonnaire, protozoaire…  Mais indéniablement l’ADN de ce nouveau venu musical parisien s’en est plutôt bien sorti ; si la mère semble être la douce Laura Veirs, rien n’est moins sur pour le père qui pourrait aussi bien avoir été engendré par les boucles des new yorkais  précieux de Ratatat que par le folk ouvragé des rosbeefs de Tunng. C’est pop, c’est jazzy, c’est électro et… bah, c’est du très beau boulot ! Maintenant, comment une simple goutte d’eau pourrait-t-elle s’en sortir à l’échelle de l’océan bouillonnant et saumâtre qui constitue le territoire sans pitié de la zicosphère ?




 Malgré sa pureté et la perfection de son galbe elle risque fort de se retrouver diluée, souillée, vidée de toute sa substance au contact de la rude concurrence du marché de la musique sur le net… Et s’ il y a bien un endroit où les  lois de la concurrence pure et parfaite néolibérale trouvent tout leur  sens, c’est bien celui-ci. Comment faire face à des dizaines de milliers de nouveaux titres ajoutés en continu et accessibles en théorie en un clic par n’importe quel internaute ! Mission impossible pour ce nouveau venu si attachant ? Mais ne désespérons pas, il reste bien un espoir infime.  Prenons les stalactites et leurs consœurs en m, il s’agit bien d’une histoire de petite goutte !  Avec une bonne dose d’abnégation, de la patience et un bon coup de pot il reste toujours une chance d’être LA petite goutte qui se cristallisera pour l’éternité… Mais reprenons-nous, Oho n’est pas mort née et le meilleur peut encore lui arriver. Cette funeste entrée en matière n’empêchera pas d’apprécier l’harmonie et la maturité qui se dégage des six titres qui composent Land of the happy, la plutôt bien-nommée première démo du groupe.
Le titre Free to flee est une parfaite entrée en matière dans l’univers feutré et sophistiqué d’Aurore et de Paul, le noyau dur du projet. La rythmique, à force de bidouillages au synthé et à la guitare, est irrésistible. La boîte à rythme qui virevolte et les arrangements complexes n’ont rien à envier aux impériales rythmiques du LP4, dernier opus de Ratatat. La voix, quant à elle, fugace et profonde à la fois, se pose délicatement sur les  feuillages indéterminés de cette étrange et luxuriante jungle sonore, avant de reprendre son envol tel un hésitant papillon tropical. De superbes ponts instrumentaux ponctuent avec classe le morceau. Une vraie réussite.



Et voici Alone in Katmandu, autre curiosité zen, vraisemblablement ânonnée en partie en Hindi, l’occasion de dévoiler l’origine de cette belle histoire. C’est en effet au cours d’un séjour universitaire en terre indienne que les deux ventricules de Oho se sont rencontrés.  Et à l’écoute de l’album entier on ne peut que leur souhaiter de battre en rythme le plus longtemps possible !
Ainsi avec ce premier mini album la petite goutte Oho s’est déjà frayée de manière imperceptible un chemin dans une terre meuble, elle s’est joint à d’autres perles de rosée esseulées avant de jaillir à l’air libre, devenue maintenant une source purifiante et rafraîchissante. La route jusqu’à l’océan est encore longue, mais il y a de fortes chances pour que de simple état de ruisseau elle passe vite fait à celui de rivière puis de fleuve…  En tout cas on l’espère.





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