Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles

vendredi 19 octobre 2012

The Awesomest Songs of the Week : YoggyOne


Loin des soirées mousse, loin des champs’ et loin des dérives sociologiques stéréotypées, existe le Bisontin YoggyOne. C’est pas fait pour danser, c’est pas fait pour rigoler, c’est fait pour apprécier. 



Difficilement cernable, quoiqu’avec de légères parentés du côté de Mount Kimbie de James Blake ou de Nosaj Thing, le nouvel opus intitulé Canopée est un magnifique fatras d’investigations sonores, jonglant avec des rythmiques artisanalement sublimes (craquements d'allumettes ? papier froissé ? bouteilles vides entrechoquées ? marche dans la neige ?), des lignes de synthés ronronnantes délicieusement travaillées et des samples de voix vocoderisées. C’est du bel ouvrage, c’est esthétique, homogène et novateur. Fondant dextérité et inventivité, Canopée est à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de YoggyOne à l’aune de son EP « Preparations », le bouillonnant substras échappé de son chaudron magique il y a trois ans. 





Déjà sévissait cette beauté glauque, chimère de chimiste a-académique, prolongement philosophique de l’enfant qui met le câble noir dans le trou rouge pour voir si tout va exploser. Le génie, c’est de ne pas éluder la mélodie par l’expérimentation : tout doit servir. Ni minimalisme, ni boucles, ni overdoses, tout dans sa musique fait sens par nuances, atteignant l’optimum par tâtonnements.




Chapeau bas au contre-courant, à la liberté de créer, au jet de galet sur la surface moribonde de la soupe française.


PLUS DE MUSIQUE PAR LA



mercredi 10 octobre 2012

Sarah W. Papsun : Première partie en or massif !



C’est bien connu, un train peut en cacher un autre… Et gare à l’imprudent un peu trop pressé !  Et bien le parallèle entre le monde ferroviaire et celui de la musique live est on ne peut plus pertinent,  quoi qu’il en paraisse à première vue.  Démonstration implacable et empirique en trois temps… (Ou, comment à tout moment une première partie inconnue portant le nom improbable d’une ancienne correspondante américaine peut débouler sans crier gare ! )

Situation initiale :

Jeudi 27 septembre 2012  tout hipster se respectant un tantinet se devait de faire acte de présence dans l’un de leur QG parisien, La Gaîté Lyrique. Le motif ? Le concert évènement de LA révélation hype 2012 : Breton.

 Dès la file d’attente voilà les plus beaux spécimens du cheptel qui patientent avec flegme en pavanant aimablement. Et à ce jeu, même les paons du parc de Bagatelle peuvent aller se remplumer direct, car ceux là sont imbattables pour faire la roue…  Tout le monde a sorti ses plus belles lunettes en plastique coloré, (dé)repassé son plus beau T-shirt déchiré/décalé, floqué d’une citation de Nietzche  en serbo-croate, rasé l’arrière de son crane et vérifié que la longueur de la mèche de devant leur obstruait bien toute visibilité à plus de 50 cm.  
Après  l’ascension du superbe escalier orange nous voilà directement au paradis : le foyer du vénérable Théâtre de La Gaîté, conservé par un furieux geste de postmodernité architecturale « dans son jus » au milieu d’un bâtiment tout de zinc et de plastique fluo tapissé. Et il faut bien avouer que le rinçage de gosier pré-concert prend ici une dimension toute aristocratique. C’est donc d’un pas nonchalant de circonstance que nous nous baladons maintenant dans la vaste pièce pour un fascinant safari socio-stylistique. Et quelle chance, les espèces les plus rares sont de sortie ! Nous croisons même au détour d’une superbe chemise à carreau le grand Günther Love, sa fière moustache et une partie de sa troupe de non-musiciens professionnels de choc (NDLR :les Airnadettes, 1ère comédie musicale de Air Guitar) ! Non, mais vraiment cet endroit est fascinant… Et ce qui devait arriver arriva ! Dans la béatitude extatique dans laquelle nous plongeaient cette gravure de mode vivante et les effets de la bière nous avions complètement loupé le début du show…La base de toute attitude branchée consistant à arriver en retard d’un air affable et détaché, nous ne pouvions pas nous calquer sur nos congénères de déambulation.

Panique à bord donc, et en moins de temps qu’il faut à notre pote Gunther pour accorder sa gratte imaginaire nous voilà dans le cube argenté, au cœur du saint des saints…

Elément perturbateur :

Stupeur et tremblement ! Un groupe est déjà sur scène en train de martyriser sans la moindre compassion ses instruments à grand coup de bras, doigts et pieds. Les sauvageons balancent, visiblement sans le moindre effort, une tempête sonore décoiffante. L’affolement est à son comble ! Serait ce déjà Breton qui serait en train de jouer des inédites dont nous avons bien loupé dix bonnes minutes ??? Et il faudra bien deux chansons pour se rendre à l’évidence : « Non… Impossible ! et puis d’ailleurs voilà une batterie floquée Breton qui se cache à l’arrière de la scène… ».

Mais la gifle auditive de cette mystérieuse première partie reste bien intrigante. Les sales gosses mancuniens seraient-ils venus dans leur valise avec des clones maléfiques confectionnés dans leur mystérieux Lab pour envahir le monde ? Est-ce l’expérience des scènes de Manchester  qui donne ainsi autant d’assurance et de précision à un groupe visiblement plus proche du bac à sable musical que du l’intronisation au Hall of Fame ?  Et durant la vingtaine de minutes que durera encore ce set cathartique, pas une seule fois le groupe ne rompra la transe électrique et martiale dans laquelle il semble vouloir maintenir les spectateurs prisonniers.


Dénouement :


Les lumières se rallument sur une salle qui semble légèrement hébétée, mais qui déjà attend avec fièvre les stars de la soirée…  Parfaitement rodé le show électro-pop-rock-hiphop-symphonique de Breton porté par les projections, les bons mots de Roman Rappak et la symbiose musicale de l’ensemble, est un succès absolu et mérité! ( Lien vers une chronique digne de ce nom du concert de Breton par ici !  ) . Mais revenons à nos moutons : l’attentat musical sans nom de la première partie… 



C’est en rentrant dans nos pénates que nous découvrirons son nom étrange : Sarah W. Papsun . Et pas sujets de sa majesté pour un sous les six garçons ne sont autres que des petits parigots (têtes de veaux) ! Et d’ailleurs avec un single intitulé Drugstore Montmartre comment cela aurait-il pu en être autrement ? Mais les types lorgnent clairement vers la Perfide Albion et c’est la découverte du math rock révolutionnaire des Foals a Oxford du temps où ces derniers s’appelaient encore The Edmund Fitzerald qui sera décisive. 
Quelques clips, EP’s et chansons éparses permettent de confirmer les impressions du live.

Les six membres du groupe nous  balancent bien leurs tripes à la figure sur chaque nouveau morceau ; et cette boucherie n’est pas pour déplaire à nos instincts les plus primaires de mélomaniaques compulsifs… Au gré d’un Drugstore Montmartre solaire, d’un Hey Hey lunaire et de clips malicieusement terre à terre, les quelques compos se déploient avec aisance et naturel. Un festivalier ayant trop traîné ses guêtres sur les champs boueux du cru 2012 des festivals hexagonaux de l’été ne pourra s’empêcher de noter la proximité entre le chant haut perché et la voix métallique de Mat Bad, diable à ressort de SkipThe Use. Notamment sur les sautillants Pay Try. Mais le résultat particulièrement fignolé se rapproche plutôt des pérégrinations mathématiques de Tall Ships, de Gallops ou des Battles. Et même quand, comme dans Kids of guerilla, il s'agit de ralentir intelligemment le rythme l'épreuve est validé haut la main...


Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Après une rapide enquête sur le WorldWideWeb les infos affluent ! Loin d’être de jeunes lions boutonneux et sur-testostéronés prêt à en découdre avec la vie, nous voilà face à une bande de bons vieux potes trentenaires revenus à la musique sur le tard…  Entre le métro/boulot/dodo les voilà qui, en 2009, ont la génialissime idée d’épousseter leurs vieux instruments poussiéreux d’ado et de retenter d’en sortir quelques gémissements… Et le résultat va au delà de toutes espérances ! Pas mal de concerts, quelques enregistrements, plusieurs clips rigolos, puis des tremplins remportés…Et tout s’enchaîne avec pas mal de premières parties prestigieuses…  Acharnement, maturité, beaucoup d’humour et la machine contre toute attente semble plutôt bien lancée.

Et comme ils l’analysent si bien dans une Interview pour Le Transistor « Notre atout : la vieillesse ! On n’est pas matures, on est sur le déclin… y’en a un qui est chauve et deux qui sont impuissants ! »
Quoi de plus approprié que de conclure maintenant sur la morale d’une fameuse fable de La Fontaine ? « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. » qu’il disait…  Et visiblement Sarah W. Papsun, invité surprise de la course n’aurait eu aucun mal à coiffer au poteau lièvre et tortue en partant bien longtemps après les deux compères…




lundi 20 août 2012

Bonus Tracks (II) // L'interview sur le pouce : Odezenne, la drôle de molécule du rap


Pas besoin de rappeler la nécessité de l’O2 qui nous permet de gesticuler et gambader sur notre Eden terrien depuis quelques milliers d’années ! Et puis sans l’H20 comment ferions nous pour concocter les cocktails gorgés de fruits et de fraicheur sans lesquels la vie ne serait qu’un bref marathon sans le moindre ravitaillement ? Toutefois gare au pernicieux CO2 qui grignote la couche d’ozone et menace de faire fondre le joli petit igloo de notre ami l’Eskimo… Bref, si le monde tourne c’est grâce à la chorée-géante de ces petites molécules championnes des chiffres et des lettres. Place maintenant à une nouvelle venue particulièrement facétieuse, dont même votre prof de physique n’a jamais entendu parlé : O2N…

Cette molécule d’un nouveau genre qui voit le jour dans la région de Bordeaux s’est chargée de rajouter une case pour le Rap dans la fameuse table des éléments de Mendeleïev.  Constituée de quatre atomes fondamentaux - Al, Jako, Merlin, DJ Loodjeez et K-Price - elle est très vite infectée par le virus des mots et mute en 02zen puis en ODEZENNE.  Dotée d’un flow acéré, adepte de la phrase qui tue, la monomaniaque sale bébête n’aura qu’un objectif : prendre le contrôle de votre chaîne hi-fi à grand coup de figures de styles ravageuses et d’instrus tonitruantes….. 

On s’est retrouvé nez à nez avec deux de ces atomes, Merlin (comme l'enchanteur) et Al (comme le gros bouton rouge mégalo de 2001 L'Odyssée de l'Espace) en marge d’une de leur mission d’évangélisation, à l’occasion du Festival l’Eté à Pau. Petit debrief de l’accrochage …


Salut Odezenne !  Si vous étiez une bande de publicitaires sans scrupule quels serait le slogan qui qualifierait le mieux Odezenne pour les néophytes ?

Al : «  Vas te faire foutre toi et ton rap ! »

Merlin : Ouaiiiiiiis ! Ca c’est bon…

Votre musique semble être l’antithèse du rap us. Pas de bagouses, pas d’instrumentation hip hop bling bling. Vous êtes un peu des ascètes du rap ?

Al : Comme les moines ? Ah ouais ça c’est tout à fait nous ! On habite dans une grande maison à Bordeaux, tous ensemble. Et c’est vrai qu’on fait notre musique avant de se demander si c’est du rap. Donc des fois ça donne des choses rap parce qu’on en est tous nourri. Et des fois ça donne des choses à coté… Mais qu’on assume pleinement parce qu’on a une logique de groupe. Là il y a juste  Merlin et moi.   Merlin c’est lui qui fait les progs et c’est un peu le poumon du groupe. Il amène pas mal d’oxygène. Ce qu’on fait c’est tout sauf rap quoi, c’est de la musique !

Merlin : C’est de la musique rap… C’est de la rap music… C’est de la rap music à la française !

Al : Nan, mais voilà, à la base on est des potes et on fait notre délire. On fait du son depuis longtemps ensemble, même avant qu’Odezenne soit créé. Et quand on fait des morceaux ensemble, c’est vrai que tout ce qu’on essaye de faire c’est de s’épater les uns des autres. On a tous de l’estime dans ce que chacun fait ; Jako dans ses textes par exemple… Et du coup, on essaye de se surprendre et ça donne des choses…  Et voilà ! C’est Odezenne.

Ok, ca c’est Odezenne sur scène …

Al : Ah non ! Ca c’est Odezenne sur disque. Parce que Odezenne sur scène c’est un peu différent. C’est plus un mélange de bière, de Whisky et de parenthèses de la vie !  

Même sur la scène française vous êtes à des années lumières des codes classiques. Ainsi parmi vos références on retrouve France culture, France inter ou le Montreux Jazz Festival… Vous ne feriez pas du rap pour bobos ?

Al : Ah ouaiiiis ! Ca j’aime bien alors !

Merlin : Nous on fait de la musique pour nous… Que ca soit un minou de 16 ans qui vient me dire que ça le fait, que ça rap ou que je me fasse inviter à France Culture tant qu’on me dit que c’est cool ca me rassure.

Al : Moi sincèrement, j’ai du mal à saisir le concept de bobo, parce que c’est un peu galvaudé tu vois. Tout le monde l’utilise. Sois t’es un mec normal, sois t’es un bobo. Et il y a un coté un peu « ne pas avoir conscience des réalités de la vie ». En pour ca moi je suis pas du tout d’accord parce que notre rap, il est quand même imprégné d’une espèce de surconscience de ce qui se passe dans la vie d’un homme. Que ce soit l’amour ou la place dans la société, que ce soit tout cela… Aucun de nous n’est privilégié, on est tous issus de classes moyennes et on parle de ce magma moyen dans lequel vivent plein de gens en France. Moi je ne suis pas parisien, je ne sais pas ce que c’est les bobos, mais je suis ravi si je leur parle. Et tout ce qui est hype ou lié aux mouvements de mode moi ça me fait très peur ; nous on n’aime pas être catalogués. Voila on n’a pas de logo, notre premier album il ne ressemble pas au deuxième et il ne ressemblera pas au troisième. Donc si tu penses nous avoir cernés aujourd’hui, on te prouvera le contraire demain.  (Satisfait) C’est beau ca hein ? Putain j’ai de ces coups d’inspis ce soir!



La richesse de votre flow est assez jouissive. Jeux de mots, clins d’œil, c’est aussi un véritable festival pour les figures de styles. Vous ambitionnez de rafler une chaire à l’Académie (Française) un de ces jours ?

Merlin : (explosant de rire) Une quoi ? Ah une chaise tu veux dire !

Al : Bah écoute moi j’y ai jamais pensé ! Mais pour Jako ca serait quand même une belle revanche sachant qu’il a quitté l’école un peu tôt. Mais d’un autre coté je le connais, il en a un peu rien à foutre. Et moi personnellement, bah ca ferait plaisir à mon grand père. L’Académie Française nous concerne plus Jako et moi quoi ! Mathia, il fait la musique et donc lui ce serait plutôt je ne sais pas … l’Orchestre National de Vienne !

La nouvelle édition de votre album OVNI (ndlr: pour Orchestre Virtuose National Incompétent) est carrément rebaptisé Louis XIV…  La soucoupe volante se transforme en soleil… N’auriez-vous pas quand même un peu pris la grosse tête ?

Al : (Catégorique) Non, on n’a pas pris la grosse tête ! En fait Odezenne c’est un mélange entre une grande confiance de ce qu’on fait et une perpétuelle remise en question. Et par exemple, pendant la dernière répète qu’on a fait hier on s’est dit « mais putain c’est des purs morceaux, c’est pas possible que ce soit nous qui ayons fait ça ! ».

A coté, la semaine d’avant on écoutait les mêmes morceaux en se disant « Putain mais c’est carrément pourri… Qui est ce qui peut écouter ca ? ». Tu vois ce que je veux dire ? Donc la grosse tête je peux te dire froidement non ! parce qu’on est quand même persuadés que ce qu’on a fait c’est pas terrible. Par contre le Roi Soleil c’était plus pour se dire qu’on va essayer de faire quelque chose qui va durer dans le temps. Moi si j’ai un, deux ou trois morceaux qui restent dans le temps - comme je peux réécouter de vieux Gainsbourg ou des trucs qui n’ont pas pris une ride- franchement je serais ravi. Au jour d’aujourd’hui je ne suis pas sûr d’avoir produit un de ces morceaux. Mais c’est un peu le but pour nous. Donc dans ce sens, on a peut être un peu la grosse tête, parce qu’on prétend pouvoir faire quelque chose qui reste.

Merlin : Et puis le Roi Soleil ca le fait bien quand même !

Parlons un peu 7ème art maintenant. Vos clips sont particulièrement bien léchés. Des petits bijoux cinématographiques, à la fois très esthétiques et dotés d’une vraie narration. Si on vous offrait carte blanche pour faire un film, ca serait quoi, avec qui et ou ???

Al : Alors cette question elle est difficile parce que…

Merlin : On ferait un film de cul !!!

Al : (rire gras) Merlin ferait un film de cul… Moi non. Nan mais en fait cette question elle est difficile parce que tout le travail des clips on le fait en collaboration avec des jeunes réals et avec des équipes entières aussi. Je pense à Oktome, c'est des mecs de Paris; je pense à Vladimir Mavounia-Kouka c’est un type avec qui on a fait le dessin animé de Dedans; je pense à Céline; à Undi Lee, lui c’est un coréen avec qui on va sortir un clip de fou en septembre. Et on a complètement carte blanche parce qu’on produit tous nos clips. Là-dessus on a aucune contrainte on fait ce qu’on veut. Donc si un jour on fait un film, je pense qu’au niveau du sujet, il y aurait forcément du cul, il y aurait obligatoirement une remise en question du modèle de société parce qu’il y a des choses qui nous vont pas et qu’on aime bien montrer du doigt. Je pense qu’on revisiterait peut être le complexe d’Œdipe. Tu vois genre un mec qui chat sur internet, il rencontre une nana, il l’a baise gavé et après il se rend compte que c’est sa mère et il bute son père…  Ca a du déjà arriver en France.

Merlin : Ca c’est une bonne idée à garder !



Par contre si l’on devait décerner la victoire de la musique dans la catégorie optimisme ce n’est certainement pas vous que l’on choisirait ! Un peu déprimés, carrément cyniques…. Mais pourquoi sont-ils si méchants ????

Merlin : C’est pas forcément triste ! Ce sont des choses profondes. Beethoven disait « le mode mineur c’est pas forcément triste… ». Et Il y a plein de joie dans leurs textes. Ce ne sont pas forcément des moments « biens » ou « pas biens », mais des moments « forts » avant tout. Et quand c’est « fort » bah c’est « bien » et c’est tout ! Le mort de quelqu’un c’est fort, c’est bien…, ca fait chier mais tu t’en souviens toute ta vie.

Al : J’ai pas grand chose à rajouter à cette superbe réponse. Non, mais c’est vrai qu’il faut rajouter que dans la vie de tous les jours on est tout le temps en train de se marrer et donc c’est un grand paradoxe …

Merlin : (le coupant et finissant la phrase) : Parce qu’on sait que c’est la merde !



Ce soir vous avez joué dans un théâtre de verdure…. Un peu comme les tribuns antiques qui haranguaient les foules à Athènes ou Rome pour les convaincre. Le rap a-t-il un rôle politique et de revendication au sens large ?

Al : Si bien sûr. C’est vrai que sur certain morceaux qu’on a joués ce soir : Assez, ensuite il y a eu Dedans, ensuite il y a eu Existe petit bout de rien. Sur les quinze qu’on a joués, on estime avec ces trois morceaux faire le tour, au moment ou je te parle, de cette question politique. Et évidemment, si le rap nous a séduit, à la base c’est parce que c’est des morceaux où tu peux dire autre chose que juste une histoire d’amour ou une histoire de je ne sais pas quoi… Nous on veut s’inscrire dans une époque et regrouper des gens que cet aspect politique intéresse. Moi, je ne prétends pas apprendre quoi que ce soit à personne ni faire des textes de fous. Ce qu’on dit, ce sont des choses basiques et forcément sur chacun de nos albums, on aura un morceau qui se positionnera comme ca. Après, on a aussi fait le choix de ne pas faire que cela parce qu’on a l’ambition de faire de la musique et que la musique ce sont aussi d’autres sentiments et pas mal d’autres choses.  Mais bien sûr, cet aspect là du rap me plait beaucoup. Et d’ailleurs, j’ai envie de dire qu’aujourd’hui il n’y a plus que ca qui me plait dans le rap !

Ainsi si on pense à vous dans un futur gouvernement, quels serait le nom et les prérogatives de votre ministère ?

Al : Elle est pas mal son interview quand même ! On aurait eu tort de pas la faire (rire) ! Bah moi je ferais le ministère de la baiiiiiiiise…

Merlin : Moi je ferais le ministère de la cohésion sociale…

Al : Nan mais merde, la cohésion sociale dans la baise ! La baise dans la cohésion sociale ! Nan mais quand même ce qui nous reste quand même c’est ce petit moment privilégié ou tout s’efface et ou deux personnes ne font qu’un.

Merlin : Nan, on va faire un ministère des bonnes idées.

Al : Ouais, ca c’est pas mal, mais c’est quand même vachement ambitieux.

Merlin : Attention je ne dis pas que j’en ai, je dis juste que je le lancerais.

Et comment ca c’est passé avec le citoyen béarnais ce soir ?

Merlin : C’était hyper bien !

Al : Ecoute on a eu un peu peur quand on est arrivé parce que c’était un peu disséminé dans le Théatre de Verdure, mais au fur et à mesure ca s’est remplit, surtout devant et ca a beaucoup crié. Ca nous a soutenu grave et au final on a passé un très bon concert. On a senti que les gens étaient contents et nous ça nous suffit.









On peut vous poser une question un peu intime ? Quelle sont les morceaux et groupes les plus inavouables qui se cachent dans vos mp3 ?

Al : Inavouables… Dur…

Merlin : Ah si ! Moi inavouable j’aime bien le morceau de Goldman qui fait …

Al : Ah nan !

Merlin : Le truc africain là qui fait « hé ho hé hoooooooooo héééééééééé lalalalalalal ! » (il part dans un délire vocal que la décence nous interdit de retranscrire dans son intégralité). C’est hyper bien sérieux ! Mais ca le fait pas du tout d’aimer ca. C'est A nos actes manqués !

Al : Ah ouais c’est hyper bon, j’adore ce morceau et j’ai rien d’autre à ajouter.

Dans le clip de Tupuducu vous jouez aux cartes ; on retrouve une carte de tarot en pochette de Louis XIV…

Al :  (dégouté) J’étais même pas sur les cartes (cf clip) et en plus j’ai jamais fait de tarot!

Bref, vous avez donc surement déjà du avoir affaire à une cartomancienne ; Qu’a-t-elle prévu pour l’avenir d’Odezenne ?

Al : Elle nous a soufflé le slogan de ce publicitaire sans vergogne du début de l’interview « Va te faire foutre toi et ton rap ! » et alors on essaye de s’y atteler. Et voila la boucle qui est bouclée !

VA TE FAIRE FOUTRE TOI ET TON RAP !

(Propos recueillis par Max M.)








mercredi 14 mars 2012

Koudlam : l'électro choc !


Oyez oyez gentes internautes en goguette !!!  Prenez le temps de vous arrêter et de prêter une oreille compatissante à l’incroyable et tragique épopée musicale de Gwenhael Navarro, alias Koudlam. L’esprit vraisemblablement torturé, ce mercenaire sonore intergalactique est, depuis son émergence sur la scène Techno Rave hexagonale, en croisade perpétuelle tant contre l’ethnocentrisme et la facilité musicale que contre l’establishment  du showbiz ou l’appauvrissement culturel. Mais ce Don Quichotte du XXème siècle a troqué sa fidèle jument contre une Carte Miles Platinium de l’Alliance Skyteam. Il ère ainsi de manière plus ou moins aléatoire dans l’espace monde entre la Bolivie, le Mexique, Paris ou l’Afrique de l’Ouest à la recherche de dahus sonores susceptibles de nourrir son étrange électro New Wave mondialisée.
Ce boulimique de nouveautés brasse fiévreusement et inlassablement une sorte de Gloubi Boulga monstrueux composé de tous les styles musicaux, cultures, esthétiques, philosophies,  paysages ou sensations que son frénétique encéphale aura pu ingurgiter lors de ses pérégrinations aux quatre coins de la galaxie. Et Winnie The Pooh ne nous contredira pas, plus les fleurs butinées sont foisonnantes et diversifiées,  plus la saveur du miel en est magnifiée. La preuve en grande pompe avec quelques extraits du  protéiforme chef d’œuvre  Goodbye, album démiurge et pervers qui saborde avec délice une musique céleste sur le point de tutoyer les anges… 


Bien loin le temps où les Beatles défrayaient la chronique avec leur révolutionnaire Sergent Peppers et  où leurs concurrents outre-Atlantique répliquaient en grande pompe avec la déferlante d’un Smile dévastateur. Sans parler du menaçant The Wall de Pink Floyd qui, tout d’un coup s’est hissé, sans crier gare, au titre de mythe dans le panthéon musical… Cela faisait ainsi des lustres que l’on était persuadé que le Concept Album n’était plus qu’une astuce marketing obsolète, recyclée en tête de gondole du rayon discount d’un hyper pour chef de produit de majors en manque d’inspiration. 

Mais voilà ce trublion de Koudlam qui nous prend tous à contrepied avec  la sortie en 2009 de l’entêtant Goodbye qui compose une fresque sonore, grandiose et austère, unique, entre tonalités New Wave et format résolument électro. Il tutoie le sacré avec des pistes comme Brother ou Flying Dolphins dans lesquelles s’installe progressivement cette indicible sensation mêlée d’euphorie et d’oppression que l’on peut par exemple ressentir en pénétrant dans la nef d’une cathédrale gothique. Parfois  entraînantes (See you all, over the black hills with crazy horse) souvent dénudées et glaciales (Middle, Love Song),  toujours menaçantes et déconcertantes, les douze pistes du disque s’articulent à la manière d’un étrange conte baroque New Age sans queue ni tête. Pas facile au début de se repérer dans ce fatras de sons, de mélodies, de rythmes qui tutoient aussi bien la fureur froide à fleur de peau de Joy Division, que la musique savante et expérimentale d’un John Cage.



Pauvre pêcheur, après avoir supporté les ricanements de satyres de l’intro tu peux enfin pénétrer dans ce monde parallèle aussi enchanteur que diabolique. Flying over the black hills with crazy horse et son inlassable thème développé à la flûte de pan puis au synthé en est un exemple parfait. Si les sonorités reposantes et dépaysantes sont dignes de figurer en bonne place dans la dernière compil Relaxation de Nature & Découverte. il reste toujours une tension dans la mélodie et sa répétition  qui finit par exploser lorsque la partie chantée devient implorante à la fin du morceau. Tonight  est aussi un modèle du genre. Le morceau démarre, sautillant et enjoué, avant de basculer brutalement avec un hululement strident glaçant.  Le chef d’orchestre machiavélique Koudlam, expert en retournements de situation les plus rocambolesques, clôt alors le morceau en grande pompe dans une ambiance symphonique incongrue que l’on retrouve notamment sur See You All ou à la fin de Flying over the black hills with crazy horse.





See You All, parlons-en justement! C’est LE tube entêtant du disque. Valse New Wave  qui, si elle avait vu jour quelques décennies auparavant, aurait tout aussi bien fait l’affaire dans la célèbre scène spatiale de Kubrick que Le Beau Danube Bleu de Strauss. D’autant plus que l’étrange scène de guerilla urbaine du clip pourrait être mise en parallèle avec la séquence de l’affrontement entre les deux tribus australopithèques du film de Stanley. Porté par un beat 80’s à la Kraftwerk, le timbre grave qui n’a rien a envier à Ian Curtis se balade de manière indolente dans une ambiance molletonnée et sirupeuse. Rêve de Télétubbies ou overdose médicamenteuse ? Rien n’est vraiment tranché dans ce chef d’œuvre d’ambiguïté.



A ce stade on ne pensait plus pouvoir être étonné …  Mais comment résister à la déferlante qui s’abat ensuite avec le riff dévastateur de Love Song ? Crescendo de plus en plus furieux de basse et de saturation, ce tsunami engloutirait n’importe quel tympan à peu près en état de marche relié à tout semblant de système nerveux. Aucun espoir de s’en tirer indemne !




Malgré le dérisoire sursaut que constitue la fulgurance techno de Middle, les déchirants Goodbye et Wave of mutilation qui suivent, implacables, semblent clairement professer la funeste destinée de tout un chacun. Il ne te reste aucun espoir pauvre mortel ; au départ néant tu redeviendras bien vite poussière, et ce n’est surtout pas un pauvre disque d’électro qui changera l’ordre des choses. En digne héritier des Vanités picturales de la Renaissance qui rappelaient aux puissants leur immuable condition de mortels, Goodbye explore ainsi la funeste destinée de la condition humaine. L’extrême onction de Hole achève enfin le Harakiri nihiliste de l’album. 

Un petit tour, et puis s’en va...






mardi 7 février 2012

The Awesomest Song Of The Week ( XIII) : Oho : Free to flee




Oho ? Kesako ??? Derrière cette appellation qui a clairement un petit quelque chose d’H2O se cache une petite goutte de mystérieux nectar bien fragile mais bourré de talent et de sensibilité.   C’est encore imperceptible, embryonnaire, protozoaire…  Mais indéniablement l’ADN de ce nouveau venu musical parisien s’en est plutôt bien sorti ; si la mère semble être la douce Laura Veirs, rien n’est moins sur pour le père qui pourrait aussi bien avoir été engendré par les boucles des new yorkais  précieux de Ratatat que par le folk ouvragé des rosbeefs de Tunng. C’est pop, c’est jazzy, c’est électro et… bah, c’est du très beau boulot ! Maintenant, comment une simple goutte d’eau pourrait-t-elle s’en sortir à l’échelle de l’océan bouillonnant et saumâtre qui constitue le territoire sans pitié de la zicosphère ?




 Malgré sa pureté et la perfection de son galbe elle risque fort de se retrouver diluée, souillée, vidée de toute sa substance au contact de la rude concurrence du marché de la musique sur le net… Et s’ il y a bien un endroit où les  lois de la concurrence pure et parfaite néolibérale trouvent tout leur  sens, c’est bien celui-ci. Comment faire face à des dizaines de milliers de nouveaux titres ajoutés en continu et accessibles en théorie en un clic par n’importe quel internaute ! Mission impossible pour ce nouveau venu si attachant ? Mais ne désespérons pas, il reste bien un espoir infime.  Prenons les stalactites et leurs consœurs en m, il s’agit bien d’une histoire de petite goutte !  Avec une bonne dose d’abnégation, de la patience et un bon coup de pot il reste toujours une chance d’être LA petite goutte qui se cristallisera pour l’éternité… Mais reprenons-nous, Oho n’est pas mort née et le meilleur peut encore lui arriver. Cette funeste entrée en matière n’empêchera pas d’apprécier l’harmonie et la maturité qui se dégage des six titres qui composent Land of the happy, la plutôt bien-nommée première démo du groupe.
Le titre Free to flee est une parfaite entrée en matière dans l’univers feutré et sophistiqué d’Aurore et de Paul, le noyau dur du projet. La rythmique, à force de bidouillages au synthé et à la guitare, est irrésistible. La boîte à rythme qui virevolte et les arrangements complexes n’ont rien à envier aux impériales rythmiques du LP4, dernier opus de Ratatat. La voix, quant à elle, fugace et profonde à la fois, se pose délicatement sur les  feuillages indéterminés de cette étrange et luxuriante jungle sonore, avant de reprendre son envol tel un hésitant papillon tropical. De superbes ponts instrumentaux ponctuent avec classe le morceau. Une vraie réussite.



Et voici Alone in Katmandu, autre curiosité zen, vraisemblablement ânonnée en partie en Hindi, l’occasion de dévoiler l’origine de cette belle histoire. C’est en effet au cours d’un séjour universitaire en terre indienne que les deux ventricules de Oho se sont rencontrés.  Et à l’écoute de l’album entier on ne peut que leur souhaiter de battre en rythme le plus longtemps possible !
Ainsi avec ce premier mini album la petite goutte Oho s’est déjà frayée de manière imperceptible un chemin dans une terre meuble, elle s’est joint à d’autres perles de rosée esseulées avant de jaillir à l’air libre, devenue maintenant une source purifiante et rafraîchissante. La route jusqu’à l’océan est encore longue, mais il y a de fortes chances pour que de simple état de ruisseau elle passe vite fait à celui de rivière puis de fleuve…  En tout cas on l’espère.





vendredi 3 février 2012

The Awesomest Song(s) of the Week (XII) : Envelopes vs. Gladeyes


La mondialisation de la culture musicale peut créer des similitudes inopinées, parfois séparées de 20.000 kilomètres. Voici deux groupes qu’a priori rien ne rapproche : Envelopes, collaboration franco-suédoise de lo-fi pop, et Gladeyes, groupe de folk néo-zélandais (rattaché au brillantissime label Lil’ Chief Records) peuvent être réunis pour mettre en lumière un pan sympathique de la musique actuelle: la Twee Pop . Et leur piètre notoriété ici les rend doublement intéressants ! 

Livrons-nous à la réunion de deux chansons absolument pas représentatives du reste des deux groupes, deux chansons qui marient pop et électronique, avec une extrême légèreté qui tend vers la naïveté. Deux morceaux qui naviguent entre joie et nostalgie, aux mélodies rodées, exprimant la même idée, inconsciemment. Hymnes de « Twee Pop », courant qui buzz plus avec Cults et Alex Winston qu’avec nos sujets d’aujourd’hui (assertion non péjorative pour les sus-cités). Sorte de pop sixties recyclée à la moulinette synthétique, s’affranchissant de la plupart des codes d’antan, n’en gardant que l’ « esprit ». 





Avec Put On Hold, Envelopes nous livre une ligne de basse sur-saturée, accélérée, triturée jusqu’à devenir purement électronique. La voix mutine d’Audrey Pic se pose par samples de vocoder sur l’instrumental d’un froid mathématique, agrémenté d’une  guitare acoustique qui humanise l’ensemble. La voix se double, se triple, enchaînant sur un refrain qui voit l’entrée d’un fracassement de fûts et d’un arpégiateur en surchauffe. La courte chanson se finit sur cette évolution bordélo-mélodique, ne laissant aucune chance à un épuisement d’idées.





Les Gladeyes, duo féminin d’Auckland formé dans une école d’art, ici en collaboration avec un certain Jimmy Payday, nous parlent de la « Psychose de l’Amour » dans une perle d’électro-pop. Lourde ligne de basse de synthé, flow désabusé à la Le Corps Mince de Françoise, recouvert de synthèses de flûtes et d’une curieuse reconstitution de clarinette. Minimalisme géré à merveille, sons veloutés et chauds, voici la seconde pierre angulaire de la Twee Pop.


mercredi 18 janvier 2012

On l’écoute et on assume ! (IV) : Le glam hard rock siliconé de Fancy


Gare à l’abus du glam rock clinquant des années 70 ! A l’écoute des infréquentables frenchies de Fancy l’étendue du désastre en cas de surdose prend tout son sens … Les liquidateur de Fukushima peuvent aller se rhabiller avec leurs radiations d’enfants de cœurs !  Et les enfants de Tchernobyl n’impressionneront plus grand monde avec leurs doigts de pied supplémentaires. Les trois vagues créatures au genre indéterminé qui composent ce groupe, n’ont, quant à elles, plus rien d’humain à force de contacts prolongés avec  de grandiloquents délires d’opérettes Queeniens, les fantasmes David Bowiesques les plus inavouables, sans parler de l’influence nauséabonde des déjections d’Alice Cooper, Sweet, Mötley Crue ou Slade… Et pour découvrir l’étendue du drame il suffit d’ouvrir la vidéo qui suit. Ames sensibles s’abstenir. Le mauvais goût et l’arrogance sont les clés de voûte de cette cathédrale de l’obscène. Mais quelle coupable jouissance pour les yeux et les oreilles !


Fancy ça éblouit, ça tache et ça colle allégrement ! Lancé à plein allure, comme un Monstertruck Big Foot dont les freins auraient lâché dans une boutique de porcelaine ancienne, le carnage est inévitable…
Mais comment de petits rockeurs de Montreuil Sous Bois sans histoire en sont arrivés là ? Partis en croisade contre le bon goût et la tempérance  dès 2003, ils affichent sans ambiguïté des ambitions démiurgiques de pacotille avec la parution un an plus tard de leur premier album, sobrement intitulé Kings of the Worlds…

Tout en déhanchements suggestifs et œillades  grivoises de vieille maquerelle, Jessie Chaton, voix dominatrice  de ce beau petit monde, mène sa révolution de strass et paillette de sa gouaille stridente implacable. Instrumentalement, leur son ne fait pas non plus dans la finesse. Guitare, basse et batterie balancent une sorte de hard rock glam bodybuildé dotée d’une intéressante parenté avec l’haltérophile tartiné d’huile qui se nourrit exclusivement de flashes photographiques, du regard béat des badauds et de quelques hectolitres de créatine. 

Seventeen, leur première perversion musicale buzz dès 2004, et ça déménage. Le clip est un délicieux florilège d’effets vidéo ultra kitch et de mises en scènes absurdes qui fleurent bon le plus douteux des années 70. La chanson, longue à peine de 2:40 min, file frénétiquement avec sa rythmique supersonique et millimétrée sur laquelle se vautrent avec délice les gémissements frénétiques de Chaton.




Le premier titre de l’album, To stir someone like you, ici joué en live, ainsi que We stay here suivent exactement la même vénéneuse formule minimaliste. Une batterie explosive, un riff dévastateur et cette voix hautaine et théâtral si caractéristique. Tout est en place pour titiller la testostérone des ados boutonneux  du monde entier.

Enfin, à noter la parution d’un nouvel EP en 2011, porté par le nouveau single All night long. Et surprise ! Après les années 70 les voilà qui prennent d’assaut le patrimoine le moins fréquentable des 80’s. Guitares funky, basses ronflantes et sautillantes, rythmique disco, voix mielleuses, refrains entêtants… On s’y croirait. Profitez-en ; en cette morne époque de rigueur rien de tel qu'une décapante débauche de culot couplée d'une bonne dose d'humour pour tenir le choc ! C'est officiel, Fancy est désormais une valeur de première qualité AAA+ pour son efficacité sur nos neurones tant à court qu'à très long terme...